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FAIRE ÉVOLUER SON ART

  • Photo du rédacteur: Nadège Christophe
    Nadège Christophe
  • 28 déc. 2020
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 10 sept. 2025

Après plusieurs années de pratique du dessin et de la peinture, j’ai connu des périodes de progression fulgurantes et d’autres de stagnation décevantes. Beaucoup pensent que les arts ne dépendent que d’une douance innée reçue à la naissance et qu’elle n’a pas besoin d’être travaillé pour s’exprimée.

Ça n’est pas le cas.

Bien que les capacités individuelles d’observation sont une qualité indéniable pour la progression artistique, elles ne se suffisent pas à elle seules.

Au fil du temps, j’ai pu répertorier quelques axes d’efforts pour faire évoluer sa pratique artistique.

Sous le thème de la psychologie inversée, je les cite dans ma vidéo portant le titre contradictoire « Comment ne pas progresser en dessin et peinture ?» :




Cela interpelle et motive à l’action.


DU MATÉRIEL DE QUALITÉ

Se procurer du matériel artistique est indispensable. Il n’est pas envisageable de faire des économies sur la qualité des articles qui nous permettent de produire du « Beau ». On commence généralement avec un carnet de croquis, des crayons, du fusain… puis on se procure progressivement du nouveau matériel afin d’expérimenter d’autres techniques.


DESSINER CE QUI NOUS PLAÎT

« Peux-tu faire mon portrait ?

« Je souhaite que la boucle d’oreille soit comme cela »

« Je veux un fond orange »

« T’as bientôt fini ? »

« Peux-tu dessiner la photo sur mon smart phone ? »


Des phrases qui résonnent encore dans ma tête !

Rien de pire que de peindre par contrainte : cela bride la créativité. Sans s’en rendre compte on devient un artisan de l’art dans sa forme la plus routinière qu’il soit. Pire : on devient commercial. On peint ce qui se vend et non ce qui nous inspire : cette chose qui vient du plus profond de notre être. On se ment à soi même ! La pratique artistique devient une corvée et telle une corvée, elle nous

rebute : la flamme s’éteint. J’ai moi-même expérimenté ce sentiment durant la période ou je vendais des portraits sur commande. Ayant ressenti un début de lassitude, j’ai de suite interrompu cette activité. Un an après, je traîne toujours un peu des pieds lorsqu’il s’agit de réaliser un portrait. Malgré la demande, je me vois aujourd’hui refuser des commandes de portraits d’acquéreurs potentiels. Cela peut paraître insensé pour quelqu’un qui souhaiterait se professionnaliser, mais pour moi, cela est une question de survie : mon Art, c’est Moi. Je n’irais jamais à l’encontre de ma véritable nature.

PRENDRE LE TEMPS D’APPRENDRE

On ne peut peindre un paysage sans connaître la perspective. On ne peut dessiner des portraits, sans connaître les bases de l’anatomie artistique. On ne peut peindre des tableaux, sans connaître la théorie des couleurs. Ou tout du moins, on va essayer, et se tromper… plusieurs fois.

La complexité des sujets vient avec la progression. Il n’est pas opportun de sauter des étapes cruciales à l’apprentissage.

L’apprentissage peut être intuitif, mais la théorie permet de progresser plus rapidement grâce à l’expérience d’autres artistes transmises par le biais des livres, des ateliers, des sites internet dédiés et autres réseaux sociaux (Youtube, Instagram, Pinterest…). À vous de faire le tri et de ne conserver que ce qui vous paraît le plus pertinent.


DÉCOUVRIR

Lorsque dessiner devient aisé, il est bon de visiter de nouveaux sujets et d’éviter ce que j’appellerai « le dessin obsessionnel » : peindre et dessiner inlassablement un sujet que l’on maîtrise déjà ne permet pas d’évoluer.

Cela peut se traduire par l’apprentissage d’une nouvelle technique artistique (l’aquarelle, la peinture à l’huile, la gouache, l’encre de Chine, le fusain…), par une nouvelle pratique (peinture de plein air, modèle vivant…), par l’apprentissage (ou révision) d’un des fondamentaux du dessin que l’on ne maîtrise pas encore, ou par la découverte d’autres artistes et de leur façon de peindre.

Les musées et expositions sont riches d’enseignement.

La découverte peut être passive : admirer les couleurs d’un paysage, analyser les ombres produites sur les nuages au lever du soleil, observer les effets de la perspectives atmosphérique du paysage lointain, voyager…


ÊTRE CRITIQUE

Il ne faut pas se complaire d’une œuvre réalisée : la remise en question est permanente. J’ai moi-même ce sentiment que je ne serai jamais totalement satisfaite des tableaux réalisés : je veux toujours m’améliorer. Après m’être renseignée, j’ai appris que ce sentiment était commun à beaucoup d’artiste : cette impression que l’on n’aura jamais assez d’une vie pour s’accomplir. C’est un sentiment assez sain qui permet de progresser.

Au début, on peut demander à un œil extérieur de donner son avis sur nos créations. Cela peut présenter des difficultés si cet œil extérieur est un membre de votre famille ou un ami qui par crainte de vous froisser, ne ferait que vous flatter. La flatterie n’est pas constructive : elle est même dangereuse car elle peut rendre inactif : pourquoi s’améliorer si aucun défaut n’est évoqué ?

L’avis d’un autre artiste est plus formateur car il verra de suite les difficultés techniques qu’a pu représenter votre création. C’est pour cela que fréquenter des ateliers peut être formateur pour quelqu’un qui débute : on bénéficie de la vision artistique de ses paires ou de personnes plus expérimentées que soi.

Attention néanmoins à la critique non constructive : souvent non argumentées, elle n’est donnée que dans le but de déstabiliser. Vous devriez en faire abstraction.

Avec le temps, on apprend à voir : on peut faire son autocritique. À chaque fin de séance, j’analyse les choses qui me plaisent, et celles qui me plaisent moins afin d’améliorer mes créations suivantes. L’auto critique permet de faire évoluer ce que certains nomment « le style artistique ». Au lieu du style, je préfère évoquer « une sensibilité artistique » vers laquelle on est irrémédiablement attirée : inexplicable et viscérale, elle est propre à chaque individu, elle fait parti du « Moi profond ».


CONSACRER DE SON TEMPS

La pratique artistique est chronophage. Si l’on souhaite progresser, il est indispensable de s’exercer régulièrement. On pourrait comparer l’entraînement d’un artiste à celui d’un athlète : le sportif peut courir vite sans un entraînement régulier, cependant s’il souhaite performer, il n’aura pas d’autre choix que de pratiquer.

Tout comme l’athlète, le peintre qui dessine ou peint peu stagnera à son niveau d’origine.

Pour consacrer du temps à sa pratique artistique, quelques sacrifices sont nécessaires. On ne peut accumuler les passions et les hobbies, car : oui on sera bon en tout, mais on n’excellera jamais en rien. J’ai personnellement du faire ce choix cornélien que d’abandonner la pratique du piano, art qui me tenait aussi à cœur, mais auquel je devais consacrer beaucoup de mon temps. J’ai choisi l’Art qui m’est le plus « vital ».

Je pratique au moindre de mes temps libres : le soir après le travail, les week-ends, vacances, jours fériés et même durant mes pauses déjeuner au travail !


RESTER POSITIF

La pratique des Beaux Arts étant individuelle, il peut être difficile de rester motivé, surtout en cas d’échecs successifs.

Cependant, ce sont bien les échecs que l’on subit qui font progresser : ils aident à reconnaître ses propres difficultés et à trouver des solutions pour y remédier.

Le blocage artistique est aussi l’occasion de découvrir d’autres univers : vous dessinez des portraits ? pourquoi ne pas peindre des paysage ? Cela vous permettra d’acquérir des compétences transverses tout en faisant une pause sur l’objet du blocage. Vous reviendrez à vos anciennes pratiques avec un regard plus frais.

Il est aussi très encouragent de prendre du recul en suivant son évolution artistique sur de longues périodes grâce à la conservation des anciens croquis (même ceux dont on est le moins fier).



Nadège Christophe




 
 
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